Vers une école sereine

Mon enfant souffre à l’école. Que faire ?

Guide complet

Cinq étapes, dans l'ordre. Et, autour d'elles, ce qu'il faut savoir avant de commencer.

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Traduction automatique : en cas de doute, le texte français fait foi. Les messages à copier restent en français — envoyez-les tels quels à l'école. Vérifiez toujours le délai écrit sur votre lettre.

Introduction

Votre enfant rentre de l'école en pleurs depuis des semaines. Vous avez parlé à l'enseignant, on vous a écoutés, et rien n'a bougé. Vous ne savez pas si vous en faites trop, ni à qui écrire ensuite.

Ce guide est fait pour une situation comme celle-ci. Il vous dit que faire, à qui écrire, que mettre dans le message, et à partir de quand il devient légitime de monter d'un cran. Les exemples de phrases que vous y trouverez sont là pour être copiées telles quelles.

Il ne remplace ni un avocat, ni un thérapeute, ni la connaissance de votre enfant. Il vous donne le chemin et les délais, pour que votre demande arrive là où les décisions se prennent.

Ce guide suit un principe simple : commencez par l'interlocuteur le plus proche, puis montez d'un niveau si rien ne change.

Laquelle de ces situations ressemble à la vôtre ?

  • Les besoins de mon enfant ne sont pas reconnus, ou les mesures ne sont pas appliquées. → Étapes 1 à 5
  • Les besoins sont identifiés, mais bilans et thérapies se font attendre. → Étape 2 — « L'aide existe, encore faut-il y accéder »
  • Tout est en place et ça ne suffit pas. → « Quand personne ne dit non »
  • La classe entière est devenue invivable. → Étapes 1 à 4

Attention : si le problème concerne votre enfant, demandez ce dont il a besoin. Si le problème concerne toute la classe, demandez les moyens nécessaires pour cette classe.

Ce qu'il faut savoir dès le départ

Deux situations sont à distinguer :

  • un problème à résoudre : aide non mise en place, conflit, souffrance, bruit, dévalorisation, etc.
  • une décision officielle écrite : un courrier de l'établissement ou de la DGEO qui tranche quelque chose concernant votre enfant : orientation, redoublement, refus d'un aménagement, exclusion temporaire. Elle est signée, motivée, et indique en bas comment la contester et dans quel délai.

Pour un problème, commencez par demander une intervention à l'interlocuteur scolaire concerné. Pour une décision officielle, vérifiez immédiatement les voies et le délai de recours.

Lorsqu'une autorité scolaire rend une décision concernant concrètement les droits ou obligations de votre enfant, vérifiez immédiatement les voies et délais de recours. Une discussion, même tendue, n'est en principe pas une décision susceptible de recours. En cas de refus de statuer sur une demande qui appelle une décision, ou de retard prolongé à le faire, demandez rapidement un avis juridique.

⚠ Attention au délai

Une décision officielle écrite peut faire courir un délai de recours très court. Dès réception, vérifiez la décision, l'autorité qui l'a prise, les voies de recours et le délai indiqué. En matière scolaire, certains délais peuvent n'être que de 10 jours. En cas de doute, demandez rapidement un avis juridique.

Trois règles d'or pour tout ce que vous écrirez

Un directeur d'établissement qui a relu ce guide nous l'a dit ainsi : ce qui est bref, poli et factuel a beaucoup plus de chances d'aboutir.

Une page A4, pas plus. Les faits, les dates, votre demande. Ce qui dépasse sera lu en diagonale, ou pas lu.

Poli. Y compris quand il s'agit de votre enfant et que ça dure depuis des mois.

Factuel. Ce qui s'est passé, quand, où, qui était là. Pas ce que vous en concluez.

La personne qui vous lit traite ce genre de demande entre deux autres choses. Une demande courte, datée et sans reproches, peut être transmise telle quelle à la personne qui décide.

⚠ En cas d'urgence

Si votre enfant a été menacé, frappé, ou si on lui a interdit d'en parler

En cas de menace, violence, racket ou atteinte à l'intégrité : n'attendez pas l'issue des discussions ordinaires. Trois choses sont à faire le jour même.

1. En cas d'urgence concernant la sécurité de votre enfant, informez directement la direction de l'établissement. Objet : « URGENT - sécurité d'un élève ». Vous pouvez mettre le secrétariat en copie afin que le signalement soit rapidement transmis.

« Aujourd'hui [date], [prénom, classe] a été menacé·e de coups par [élève ou description] et il lui a été dit de n'en parler à personne. Je demande une mise en sécurité immédiate et un retour de votre part d'ici [demain 12h]. »

2. Consignez les faits le jour même : les mots de votre enfant, la date, l'heure, le lieu, les personnes présentes. Photographiez toute trace de coups ou blessure visible. Si votre enfant a été frappé, faites-le examiner par un médecin dans les 24 à 48 heures, et demandez un constat écrit. Faites-le même s'il n'a aucune trace, ou si les marques ont disparu : le médecin note aussi l'impact psychologique, et ce qu'il écrit est plus difficile à contester que ce que vous rapportez vous-même. Avant 16 ans : les urgences pédiatriques du CHUV, à Lausanne, qui ont une équipe spécialisée dans les violences faites aux enfants, ou votre pédiatre, qui connaît votre enfant. Dès 16 ans : l'Unité de médecine des violences du CHUV, gratuite et confidentielle, que vous portiez plainte ou non (Lausanne 021 314 00 60 ; aussi à Yverdon, Rennaz et Nyon).

3. Lorsque les faits sont graves ou peuvent relever du droit pénal, envisagez de contacter la police ou de demander rapidement conseil sur les démarches appropriées. La démarche auprès de l'école ainsi qu'une éventuelle démarche auprès des autorités pénales répondent à des objectifs différents et peuvent, selon la situation, être menées en parallèle.

Le 142 n'est pas un numéro d'urgence — on vous écoute, on clarifie la situation avec vous et on vous oriente. Aucune plainte n'est nécessaire. Le Centre LAVI Vaud (Profa) reçoit aussi en entretien, gratuitement, quand les faits peuvent relever du droit pénal.

Le parcours

Cinq étapes, dans cet ordre. Chacune n'a de sens que si la précédente est restée sans effet — sauf en cas d'urgence.

Avant tout — en cas d'urgence

Menace, violence, racket, atteinte à l'intégrité : n'attendez pas l'issue des discussions ordinaires. Écrivez à la direction le jour même. Danger immédiat : appelez le 117.

  1. S'adresser à l'enseignant

    Par écrit, avec les dates. Après un échange important, un bref récapitulatif écrit.

  2. Les autres professionnels de l'école

    Médiation, infirmerie, psychologue, logopédiste, éducateur. Après l'étape 1, ou en même temps.

  3. Le doyen ou la direction

    Demander un réseau, documenter les besoins avec un professionnel extérieur, tout garder.

  4. Écrire au canton

    Les bons offices de la DGEO. Sur maximum une page et demie : les faits, les dates, la demande.

  5. Le recours contre une décision

    Uniquement face à une décision officielle écrite. Le délai peut être de 10 jours.

En parallèle de ce processus, d'autres portes existent : conseil d'établissement, APE (Association de parents d'élèves), médiation administrative, police, presse. Elles sont détaillées à la fin du guide.

Étape 1 — S'adresser à l'enseignant

Commencez par là, sauf en cas d'urgence : voir « Si votre enfant a été menacé, frappé, ou si on lui a interdit d'en parler », en tête du guide. Privilégiez les échanges écrits, surtout pour confirmer ce que vous avez demandé ou ce que vous avez décidé avec l'enseignant.

Écrivez sans accuser. Dans la plupart des cas, l'enseignant cherche lui aussi une solution et dispose des mêmes informations que vous sur les moyens à disposition. Demandez des choses précises, puis notez par écrit ce qui a été demandé, ce qui a été répondu et quand. L'écrit n'est pas une pièce à charge : c'est ce qui permet, six mois et trois interlocuteurs plus tard, que tout le monde parle de la même chose.

Après un échange important, faites un bref récapitulatif écrit. Par exemple :

« Merci pour notre entretien du…. Si j'ai bien compris, vous allez mettre en place X d'ici le… »

Soyez simple, précis et factuel. N'accusez personne et, surtout, notez les dates des entretiens et des échanges. C'est souvent ce qui manque dans les cas qui traînent.

Quand quelque chose change, dites-le. Et dites merci.

Un enseignant reçoit beaucoup de messages quand ça va mal, rarement quand ça va mieux. Si une mesure a été mise en place, ou si votre enfant va mieux, écrivez-le. Trois lignes suffisent.

« Bonjour, depuis le [date], [prénom] rentre plus détendu·e. Je crois que [la mesure / votre attention] y est pour beaucoup. Merci. »

Remarquez aussi ce qui semble aller de soi : un rappel rapide, un moment pris pour écouter votre enfant.

Ce message encourage la personne qui a agi. Et il garde une trace de ce qui a marché : si la situation se dégrade plus tard, tout le monde saura ce qui avait aidé.

Si vous êtes écouté, mais que rien ne change

Plusieurs familles nous ont rapporté qu'à ce stade, elles avaient été écoutées sans constater de changement.

Souvent, ce n'est pas un refus de l'enseignant : sa propre demande de moyens est restée sans réponse, elle aussi.

Vous pouvez demander à l'enseignant s'il souhaite également signaler la situation de son côté. Deux démarches concordantes peuvent contribuer à mieux documenter la situation, l'une du point de vue de la classe et l'autre du point de vue de votre enfant.

« Avez-vous déjà signalé cette situation à la direction ? Si nécessaire, vous pourriez renouveler votre démarche et, de mon côté, je pourrais écrire également dans la même semaine pour faire part de ce que je constate à la maison. Nous pourrions ainsi demander, chacun de notre côté, une réponse d'ici au [date]. »

Si l'enseignant ne peut pas ou ne le souhaite pas, écrivez seul, cela ne change rien à la suite de la procédure.

Repère pratique et non délai légal : si vous n'avez aucune nouvelle après trois semaines, relancez par écrit. Si une mesure a été convenue avec une échéance, tenez-vous-en à cette échéance ; la mise en place d'un appui ou l'intervention d'un professionnel demande du temps. C'est l'absence de réponse, pas la lenteur d'une mesure engagée, qui justifie de monter d'un cran.

En cas de menace ou d'atteinte à l'intégrité, n'attendez pas : agissez immédiatement.

Si les démarches restent durablement sans effet, envisagez de passer à l'étape suivante sans attendre inutilement. Plusieurs familles nous ont indiqué qu'elles auraient souhaité insister plus tôt.

Si l'école a annoncé un dispositif contre le harcèlement

Gardez cette lettre et citez-la :

« Votre courrier du [date] annonce un dispositif de protection et de conciliation. Je demande qu'il soit activé pour la situation de [prénom] et je souhaite savoir quelle en est la première étape et sous quel délai. »

Une réponse écrite permet de garder une trace visible de ce qui a été demandé, décidé ou annoncé.

Étape 2 — Les autres professionnels de l'école

L'école ne se limite pas seulement à l'enseignant et au doyen. Selon l'établissement, différentes compétences et ressources peuvent intervenir :

  • médiation scolaire
  • infirmerie scolaire
  • psychologue
  • logopédiste
  • psychomotricien·ne
  • éducateur·trice en milieu scolaire (pas dans tous les établissements)

Demandez à la direction quelles ressources sont accessibles au sein de son établissement ; elles varient d'un établissement à l'autre et tous ne sont pas dotés d'un éducateur ou d'une éducatrice en milieu scolaire.

Ce que fait un éducateur ou une éducatrice en milieu scolaire : il ou elle intervient sur la situation d'un enfant ou d'une famille, c'est-à-dire : rencontrer l'élève, prendre contact avec les parents, assurer un suivi dans la durée et avec l'accord des parents se rendre à domicile. C'est une ressource précieuse quand la difficulté dépasse le cadre strictement scolaire. Attention toutefois, ces professionnels sont peu nombreux et déjà très chargés.

À ne pas confondre avec une présence éducative sur le périmètre scolaire : quelqu'un qui se tient aux récréations, aux sorties et aux abords de l'école. C'est un autre métier et un autre budget. L'organisation et les responsabilités peuvent varier selon l'établissement et la commune. Si ce type de présence paraît nécessaire, renseignez-vous auprès de la direction et de la commune afin d'identifier l'interlocuteur compétent ; le conseil d'établissement ou l'APE (Association de parents d'élèves) peuvent également être des relais utiles (voir « Les autres portes »).

Où trouver les coordonnées de ces personnes ou de ces services ? Dans les premières pages de l'agenda scolaire de votre enfant. Ou sur le site internet de l'école.

Quand contacter les professionnels concernés pour demander conseil ou exposer la situation ? Soit après l'étape 1, soit en même temps, en fonction de la situation.

L'aide existe, encore faut-il y accéder

Selon les prestations et les régions, des délais d'attente peuvent exister. Même avec l'aide du pédiatre, il faut parfois chercher soi-même une place pour un bilan ou un suivi. Il peut donc être utile de commencer les démarches tôt et de chercher plusieurs solutions en parallèle.

Trois réflexes utiles :

  • Datez chaque demande et chaque réponse. Cela permet de documenter précisément les délais d'attente.
  • Informez la direction que le bilan est en attente et demandez quelles mesures peuvent être maintenues ou adaptées pendant ce délai.
  • Frappez à plusieurs portes en même temps — service public, cabinets privés, votre pédiatre — et dites-le. Inscrivez-vous partout où c'est possible, mais dites à chaque endroit où vous en êtes ailleurs, et prévenez dès que vous avez trouvé une solution. La place qui vous était réservée pourra profiter à une autre famille ; une famille inscrite sur trois listes qui n'annule pas en fait attendre deux autres pour rien.

Un mot sur ces services : les psychologues, logopédistes et psychomotricien·nes du canton se battent depuis des années pour réduire ces listes d'attente, sans obtenir les postes qu'il faudrait, et avec une charge administrative qui augmente. Le délai que vous subissez n'est pas de leur fait.

Cas du harcèlement entre élèves

En cas de harcèlement, demandez par écrit à la direction comment la situation est prise en charge et si la situation peut être évaluée dans le cadre de la méthode de préoccupation partagée (MPP). Pour protéger la sphère privée des autres élèves, l'école ne pourra généralement pas communiquer aux parents tous les détails des entretiens ou des mesures individuelles les concernant. L'absence de ces informations ne permet donc pas, à elle seule, de savoir quelles démarches ont été entreprises.

« Je ne vous demande pas ce qui a été décidé pour l'autre élève. Je vous demande ce qui est mis en place pour que [prénom] se sente en sécurité en classe, à la récréation et sur le chemin de l'école, et à partir de quand. »

Demandez ce qui protège votre enfant, pas ce qui arrive à l'autre. Une demande du type « qu'il ne soit plus jamais en contact avec lui » reste généralement sans réponse : l'école ne peut ni la promettre ni vous expliquer pourquoi. Une demande formulée en termes de sécurité, de lieux et de dates, elle, appelle une réponse écrite.

Si vous n'obtenez pas de réponse, contactez les médiateurs·trices scolaires. L'Unité de promotion de la santé et de prévention en milieu scolaire pilote le dispositif cantonal et forme les équipes (vd.ch/unite-psps). Pour votre enfant : le 147 de Pro Juventute, 24h/24 et 7 jours sur 7, par téléphone, mails et WhatsApp, gratuit et confidentiel. S'il préfère écrire, il peut poser sa question anonymement sur ciao.ch : des professionnels lui répondent en deux jours ouvrables, gratuitement. Le site s'adresse aux 11-20 ans. Pour vous, parents : le service Conseils aux parents, 24h/24 et 7 jours sur 7, par téléphone au 021 561 61 61, par mail à conseilsauxparents@projuventute.ch ou par WhatsApp de 7h30 à 22h.

Quand ça se passe sur le téléphone

Faites des captures d'écran avant tout signalement (les messages disparaissent, les comptes se ferment !). Notez la date de chaque capture.

Certains comportements peuvent constituer des infractions ou nécessiter l'intervention des autorités compétentes, selon les faits et l'âge des personnes concernées, par exemple la diffusion d'une image intime, certaines menaces ou l'usurpation d'identité. La Police cantonale propose également des actions de prévention en classe sur les réseaux sociaux et le cyberharcèlement, notamment avec eCop.

Pour vous, parents : le site sois-prudent.ch, publié par PREVAUD (anciennement les Conseils régionaux de prévention et de sécurité du canton de Vaud), explique ce que dit la loi et comment réagir. Il couvre d'autres sujets : écrans, réseaux sociaux, sorties.

Étape 3 — Le doyen ou la direction

C'est souvent à ce stade qu'il faut passer d'une discussion à une demande plus structurée. Trois leviers peuvent vous aider :

Vous pouvez demander l'organisation d'un « réseau »

Un réseau est une réunion réunissant l'école, les parents et les professionnels qui suivent l'enfant lorsque cela est utile et possible. Un tel réseau peut être particulièrement utile lorsque plusieurs intervenants sont concernés. Demandez que les besoins identifiés et les mesures convenues soient clairement consignés dans un PV, et demandez à en recevoir une copie.

Si votre enfant fréquente une structure d'accueil parascolaire (UAPE ou APEMS à Lausanne), vous pouvez demander que sa direction soit conviée. Ces professionnels voient votre enfant à des moments autres que l'enseignant — les repas, les transitions, la cour — et leur regard est un complément précieux à prendre en compte dans la discussion.

Exemple de phrase :

« Je souhaite savoir s'il serait utile d'organiser un réseau au sujet de la situation de [prénom], réunissant les personnes qui l'accompagnent. »

Documentez les besoins de votre enfant avec un professionnel extérieur

Un certificat du pédiatre. Un bilan chez une logopédiste. Une attestation du psychologue.

Un bilan ou un avis professionnel peut contribuer à mieux documenter les besoins de votre enfant et à identifier les mesures appropriées. Les délais peuvent être importants selon les prestations ; lorsqu'un bilan paraît nécessaire, il peut donc être utile d'entamer les démarches suffisamment tôt.

Plusieurs familles se sont entendu dire pendant des années qu'il fallait « observer encore un peu ». Puis un bilan a été posé, transmis à l'école, et tout a bougé en quelques semaines.

Si votre enfant a des troubles dys, un TDAH, un TSA, ou s'il traverse des difficultés psychologiques, le bilan lui est utile non seulement pour lui, mais également à son entourage, dont vous faites partie.

Gardez tout

Tous les mails. Tous les comptes rendus. Tous les certificats. Avec les dates.

Tenez aussi un carnet. Une ligne par événement : la date, le lieu, ce qui s'est passé, qui était là. Quelques mots suffisent, écrits le jour même.

Dans une réunion, un carnet daté permet de présenter les faits de manière plus précise et structurée qu'un simple souvenir. Un dernier mot sur ce carnet : il est là pour porter les faits à votre place, pas pour que vous les reviviez chaque soir. Notez, datez, puis fermez-le.

Autres situations à connaître

Quand on vous dit non, mais que rien n'est écrit

Toutes les réponses de l'école ne sont pas des décisions : l'organisation de la classe, une place, une consigne relèvent de la gestion pédagogique et ne peuvent en principe pas être contestées par la voie du recours. En revanche, une décision qui touche les droits de votre enfant, comme une orientation, un redoublement, le refus d'un aménagement ou une exclusion, doit en principe vous être notifiée par écrit et motivée.

Vous demandez un aménagement, un appui. On vous répond non, de vive voix. Demandez que ce refus vous soit confirmé par écrit et motivé, avec indication des voies de recours lorsqu'elles sont applicables.

« Suite à notre entretien du [date] et au refus qui m'a été opposé concernant [X], je vous prie de me notifier une décision écrite et motivée, avec indication des voies de recours. »

Ce qu’il se passe à la sortie, sur le trajet, dans le bus

Lorsque les difficultés surviennent à la sortie, sur le trajet ou dans le transport scolaire, décrivez précisément le lieu, l'horaire et le problème. Demandez une mesure d'organisation concrète et temporaire (par exemple sortie décalée, autre point de sortie, accompagnement ou organisation particulière dans le transport). Précisez aussi quel interlocuteur est compétent.

« Les faits ont lieu à la sortie, entre 16h et 16h15, près du parc à vélos. Je demande une mesure d'organisation pour cette plage-là : [sortie décalée / accompagnement / autre], jusqu'à ce que la situation soit réglée. »

Sur les trajets, dans les transports scolaires et aux abords de l'école, l'interlocuteur compétent peut varier selon le lieu, le moment et l'organisation locale. L'école, le transporteur ou la commune peuvent notamment être concernés. Demandez que l'on vous indique clairement qui est compétent pour la situation décrite (voir aussi étape 2).

Deux réflexes à avoir : si vous ne savez pas à qui vous adresser, vous pouvez écrire à la direction et à la commune dans le même envoi, chacun en copie, en demandant que l'interlocuteur compétent soit identifié. Notez également les réponses reçues, avec la date et le nom de l'interlocuteur.

Étape 4 — Écrire au canton (les « bons offices »)

Si l'établissement ne parvient pas à résoudre la situation, vous pouvez saisir les bons offices de la DGEO. Avant d'écrire au canton, assurez-vous d'avoir sollicité ce que l'établissement peut offrir : la direction, et s'il en existe un, le médiateur ou la médiatrice scolaire. C'est ce qui manque le plus souvent aux dossiers renvoyés à l'établissement. Présentez les faits, les démarches déjà effectuées, votre demande précise et les pièces utiles. Leur rôle est de faciliter le dialogue ; ils ne prennent pas la place de l'autorité qui décide.

Écrivez plutôt que d'appeler ; le canton indique lui-même préférer l'écrit.

Une page et demie suffit : tout ce que vous avez déjà fait (avec les dates), ce que vous demandez précisément, et les copies de vos documents. Écrivez les faits, pas votre colère, même si elle est justifiée. Vous pouvez ajouter un court paragraphe sur l'état psychologique et émotionnel de votre enfant.

Plusieurs familles nous ont dit avoir été renvoyées vers l'établissement, ou avoir attendu longtemps. Écrivez quand même : cela construit votre dossier pour la suite.

Étape 5 — Le recours contre une décision

Si une décision officielle vous est notifiée, vérifiez immédiatement si elle peut faire l'objet d'un recours et quel est le délai.

⚠ Le délai

Le délai de recours peut être très court — 10 jours dès la notification pour les décisions visées par l'art. 141 al. 1 LEO. Fiez-vous toujours au délai indiqué dans la décision que vous avez reçue.

Gardez l'enveloppe. Le délai se calcule à partir de la notification de la décision. L'enveloppe aide à prouver quand vous l'avez reçue : agrafez-la à la décision et notez dessus la date de réception.

Deux autres points à vérifier avant de recourir :

  • les éventuels frais ou avances de frais ;
  • les effets du recours sur l'application de la décision.

En cas de doute, demandez rapidement conseil à un juriste ou à votre protection juridique.

Le recours administratif n'est généralement pas le mécanisme approprié pour contester une classe bruyante ou un conflit relationnel en l'absence d'une décision susceptible de recours.

Vérifiez aussi si votre assurance ménage ou une autre assurance inclut une protection juridique. Un coup de fil peut éviter des frais inutiles.

Quand personne ne dit non

Il arrive que personne ne vous refuse rien, mais que rien ne change au final : la mesure est décidée, écrite au procès-verbal, pourtant dans les faits les heures d'appui attendues sont inexistantes. Décrivez l'écart entre ce qui a été prévu et ce qu'il se passe : les heures d'appui effectives, la présence des intervenants, la continuité d'une semaine à l'autre, les adaptations vraiment mises en œuvre en classe.

Signalez aussi les mesures restées floues. « Aménagements en français » ne se vérifie pas ; « 20 minutes de plus aux évaluations écrites » se vérifie. Demandez que chaque mesure soit écrite en des termes qui permettent de déterminer, dans trois mois, si elle a été appliquée ou non.

Trois choses restent en votre pouvoir

Écrire précisément ce qui manque. « Les mesures décidées le [date] ne sont pas appliquées faute de temps d'appui » sera mieux entendu que « ça ne va pas ».

Signaler ce qui ne fonctionne pas dans l'accompagnement. Donner la réponse à un enfant qui ne comprend pas lui permet de finir son exercice, mais pas d'apprendre comment le faire.

Compter les remplacements sur l'année. Un enfant « à besoins spécifiques » paie l'instabilité plus cher que les autres, et cette réalité compte.

Si le problème est la classe, dites-le comme tel

« Mon enfant ne peut pas travailler dans cette classe » n'appelle pas la même réponse que « l'enseignant n'y arrive pas ». La seconde formulation ne débloque aucun moyen et quand un enseignant finit en arrêt maladie, la classe obtient un remplaçant, mais sans mesure de renforcement, et tout le monde y perd, à commencer par votre enfant.

Une telle situation ne se règle pas au cas par cas, même avec une démarche bien menée. Cela se règle par des décisions du Canton pour toutes les classes, et c'est ce que nous portons au niveau politique.

Les autres portes

Le conseil d'établissement peut être un relais pour les questions d'ordre général relatives à la vie et à l'organisation de l'école ; en revanche, il n'est pas destiné à traiter les cas individuels. Les modalités de représentation des parents dépendent du cadre applicable au conseil concerné.

L'APE (association de parents d'élèves) : conseille et fait remonter. Attendez-vous à un travail sur la durée avec la direction, pas à une intervention rapide sur votre cas. ape-vaud.ch

Le BCMA (bureau cantonal de médiation administrative) : aide dans les relations avec l'administration du canton. ⚠️ Attention : saisir le BCMA n'arrête aucun délai. Si vos 10 jours courent, faites d'abord le recours. vd.ch/bcma

La police : en cas de violences physiques, de menaces graves, d'extorsion ou d'atteinte à l'intégrité de votre enfant, les faits peuvent relever du droit pénal. Selon la gravité et les circonstances, vous pouvez demander conseil ou vous adresser aux autorités compétentes. N'utilisez pas la menace d'une plainte comme simple moyen de pression.

La presse et les réseaux sociaux : beaucoup de parents en colère y pensent : alerter un journal, raconter l'histoire en ligne. Un directeur d'établissement qui a relu ce guide le dit sans détour : en général, cela ne porte aucun fruit. La direction se met en position de défense, le dossier de votre enfant n'avance pas, et cela vous expose ainsi que votre famille. Si vous y songez malgré tout, parlez-en d'abord à un juriste ou à votre protection juridique.

Ce que vous vivez peut servir ailleurs : décrivez-le-nous (lien en fin de guide). Nous ne pouvons malheureusement pas régler les situations individuelles. Mais en rassemblant des centaines de récits semblables, nous pouvons montrer aux députés et au Canton que ce ne sont pas des cas isolés.

« L'école me renvoie à la police, la police me renvoie à l'école. »

L'école et la police n'ont pas le même rôle : l'école intervient dans le cadre scolaire et prend les mesures relevant de ses compétences ; la police et les autorités pénales interviennent lorsqu'une situation est susceptible de relever du droit pénal. Selon les faits, les deux démarches peuvent être complémentaires.

Selon la situation, il peut être approprié de mener les deux démarches en parallèle. Vous pouvez alors informer chaque interlocuteur que les faits ont également été signalés à l'autre :

« J'ai également signalé les faits à [la police / la direction] le [date]. »

Trois choses que les parents découvrent souvent trop tard

Vous n'exagérez pas

Ce qui abîme le plus les parents, ce n'est pas qu'on leur dise non. C'est qu'on les écoute gentiment et qu'il ne se passe rien par la suite. Si cela se reproduit à plusieurs reprises, on peut commencer à douter de la légitimité de notre démarche.

Sur les 602 témoignages spontanés reçus entre décembre 2025 et juin 2026, 114 décrivent un enfant épuisé ou en détresse psychologique et 64 décrivent une situation grave vécue par un élève.

Classification établie au 30 juin 2026 selon une grille publique, les cas ambigus classés vers le bas.

Vous n'êtes pas seul.e.s. Et vous ne vous faites pas d'idées.

La peur des représailles est normale

Beaucoup de parents nous ont écrit la même chose : « Si j'en fais trop, l'enseignant va s'en prendre à mon enfant. »

C'est justement pour ça qu'il faut écrire. Un message poli qui note des faits vous protège mieux que le silence.

Et si vous voyez un changement d'attitude après une démarche : notez-le, avec la date.

Arrêter, c'est parfois la bonne décision

Changer d'établissement, passer dans le privé ou envisager l'instruction à domicile peuvent être des pistes pour certaines familles, sous réserve des conditions et procédures applicables. Elles méritent d'être examinées attentivement.

Le privé coûte cher, et « privé » ne veut pas dire « adapté » : beaucoup de ces écoles ne sont pas spécialisées pour les enfants à besoins spécifiques. Une école privée se trouve rarement dans votre village ; l'enfant peut y avoir des copains et ne plus connaître personne là où il habite, alors que l'école, c'est aussi le mercredi, le foot, les vacances. L'école à la maison questionne encore davantage, car elle demande une disponibilité – et des compétences – que peu de familles ont.

Pour certaines familles, retirer son enfant de l'école est la bonne décision, et ce n'est pas votre échec. Mais nous refusons que la réponse aux limites de l'école devienne : si votre enfant n'entre pas « dans les cases », alors débrouillez-vous ailleurs. Quand une fleur ne fleurit pas, on corrige l'environnement dans lequel elle pousse, pas la fleur. Sinon, seules les familles qui ont l'argent, les horaires adaptables et la possibilité de s'organiser ont le choix de faire cette démarche.

Qui sommes-nous ?

Nous sommes le mouvement Vers une école sereine.

Ce guide est né des témoignages de centaines de familles vaudoises qui nous ont écrit. Des parents, mais aussi des enseignants, des enseignantes spécialisées, une éducatrice. Certains des textes les plus durs qu'on ait reçus viennent des enseignants eux-mêmes.

Il a ensuite été relu et corrigé par des professionnels de l'école. Nous ne l'avons pas écrit contre l'école ; nous l'avons écrit avec ceux qui y travaillent.

Ce que nous faisons : rassembler les témoignages, proposer des points de repères (comme le présent guide), porter le problème devant les autorités du Canton.

Ce que nous ne faisons pas : intervenir dans une situation particulière. Nous n'avons aucun pouvoir sur une école. Ce guide ne crée ni éducateur, ni salle ressource, ni logopédiste disponible le mois prochain. Le plus dur n'est pas de s'informer sur les aides existantes, mais d'y accéder quand on en a besoin. Cela se règle au niveau des moyens mis en place par le Canton, et c'est là-dessus que nous travaillons.

Avertissement juridique : Ce document est un guide d'information générale et de vulgarisation. Il ne constitue en aucun cas un conseil juridique personnalisé et ne saurait remplacer la consultation d'un avocat, d'un juriste ou d'un service de protection juridique lors d'un litige. Le mouvement « Vers une école sereine » ne peut être tenu pour responsable de l'usage fait du présent guide, des démarches entreprises par les familles, ni de l'issue des procédures administratives ou judiciaires.

Racontez-nous ce que vous avez vécu

Ce guide existe parce que des centaines de parents ont raconté leur parcours. À votre tour d'aider les suivants.

Dites-nous qui vous avez contacté, ce qu'on vous a répondu, et ce qui a marché — ou pas. 8 minutes. Anonyme si vous le souhaitez.

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Plus nous aurons de réponses, plus nous disposerons de témoignages permettant d'identifier des tendances et de documenter les difficultés rencontrées.

Sources

Ce guide ne sert à rien s'il reste chez vous

Si ce guide vous a aidé, pensez que d'autres parents autour de vous pourraient en avoir besoin actuellement en ne sachant pas qu'il existe.

Vous pouvez faire une chose, une seule, et elle prend dix minutes : envoyez le lien à cinq parents que vous connaissez.

Cinq messages séparés, adressés chacun à une personne, pas un lien lâché dans le groupe de la classe, que tout le monde fait défiler. Ce qui compte, c'est votre phrase à vous devant le lien :

« Je suis tombé·e là-dessus, ça explique ce que tu peux faire quand ça se passe mal à l'école. Je te l'envoie au cas où : ecole-sereine.ch/guide »

www.ecole-sereine.ch/guide

Vous préférez le papier ? La page s'imprime depuis votre navigateur, et un exemplaire posé sur la table du couloir de l'école fait le même travail.

Et dites-nous que vous l'avez fait — un mot à info@ecole-sereine.ch, rien de plus. Nous saurons ainsi où le guide circule, et vous serez les premiers informés de la suite.

Publié par www.ecole-sereine.ch – Version du 30 septembre 2026
Document indépendant publié par le mouvement « Vers une école sereine ». Sans lien avec l'État de Vaud. Ce document informe ; il ne remplace pas un conseil juridique.
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